Qui ghoste le plus : les hommes ou les femmes?

Les différents types de fantômes qui hantent le monde des rencontres amoureuses — et ce qu’ils révèlent sur nous.

À l’approche de l’Halloween, je me suis dit que c’était le moment idéal pour parler de ghosting. Alors, qui est coupable? Les hommes ou les femmes?

Si vous ne connaissez pas le terme, le ghosting, c’est quand quelqu’un disparaît soudainement de votre vie amoureuse sans donner d’explication. Vous allez à un rendez-vous, vous envoyez un petit texto après, et vous n’obtenez aucune réponse. Vous échangez des messages, vous faites des plans, puis, pouf! La personne disparaît. Parfois, elle ne se présente même pas au rendez-vous. Pas d’explication. Pas de au revoir. Juste le silence.

Et puis, il y a le fantôme qui revient à la vie quelques semaines, voire quelques mois plus tard, en vous écrivant sur Instagram comme si de rien n’était. Soyons honnêtes : personne n’aime recevoir la visite inattendue d’un fantôme.

En tant que marieuse, ça m’est arrivé à moi aussi de me faire ghoster. J’essaie simplement de mettre des gens en contact et, pouf! Ils disparaissent. Ils ne répondent plus à mes courriels et je n’ai absolument aucune envie de leur courir après. Si vous êtes incapable de communiquer avec moi, alors que mon travail consiste littéralement à vous aider à trouver un partenaire, comment faites-vous pour naviguer dans vos relations dans la vraie vie?

Revenons donc à notre question de départ : qui ghoste le plus, les hommes ou les femmes?

Honnêtement, je pense que les deux sont tout aussi capables de disparaître. Le ghosting n’est pas propre à un genre. C’est un comportement humain et je soupçonne qu’il a beaucoup plus à voir avec notre façon d’aborder les rencontres qu’avec le fait d’être un homme ou une femme.

Je crois que le ghosting est souvent le symptôme d’une façon de dater sans véritable intention. Les gens disent vouloir rencontrer quelqu’un, mais ils n’ont pas nécessairement réfléchi à ce que ça signifie ni à la façon dont ils veulent s’investir dans le processus. Puis, quand une situation inconfortable se présente, ils choisissent la solution la plus facile : ils arrêtent de répondre.

Cela dit, j’ai quand même un peu de compassion pour les fantômes qui hantent le monde des rencontres. Tout le monde ne disparaît pas par indifférence ou par méchanceté. Parfois, il y a quelque chose de plus profond derrière ce comportement.

Au fil des ans, j’ai identifié trois types de fantômes qui hantent le monde des rencontres amoureuses.

1. La personne qui n’arrive pas à dire non

Je m’identifie à cette personne plus que je ne voudrais l’admettre.

Parfois, je me dis que si je savais dire non de la bonne façon, j’obtiendrais davantage de oui dans la vie. Si j’avais les bons mots et les bons outils, je pourrais communiquer des choses difficiles sans m’inquiéter de la réaction de l’autre personne.

Mais voici ce que j’ai fini par comprendre : une réponse négative n’est pas une mauvaise réponse. C’est simplement une réponse.

J’ai écrit d’innombrables articles sur la façon de dire à quelqu’un qu’on n’est pas intéressé. En réalité, ça peut être aussi simple que :

« Merci pour cette belle rencontre! J’ai aimé apprendre à te connaître, mais je ne ressens pas de connexion amoureuse. Je te souhaite sincèrement le meilleur pour la suite. »

Facile, non?

Eh bien, pas toujours. On connaît tous les mots. Ce qui est difficile, c’est de gérer ce qui se passe en nous quand vient le temps de les prononcer. On a peur de blesser l’autre, de le décevoir ou de passer pour la méchante personne dans l’histoire. Parfois, on est tellement mal à l’aise à l’idée de décevoir quelqu’un qu’on préfère disparaître plutôt que d’avoir une conversation honnête.

Je songe même à prendre rendez-vous avec ma thérapeute pour travailler là-dessus et amorcer mon propre cheminement vers l’apprentissage du NON. Il doit bien y avoir quelque chose qui nous retient, et j’aimerais comprendre ce que c’est.

Parce que voici la réalité : on peut être gentil sans dire oui. On peut décevoir quelqu’un sans être une mauvaise personne. Et on peut rejeter quelqu’un sans le rabaisser.

Apprendre à dire non est une compétence essentielle en matière de rencontres. Et plus tôt on la maîtrise, meilleures seront nos relations.

2. La personne qui vit dans sa tête

La plupart des gens vivent sur la planète Terre. D’autres vivent entièrement dans leur tête. Pour y accéder, il vous faudra un visa spécial et, une fois sur place, chacun est livré à lui-même.

Ce sont les personnes qui réfléchissent trop. Elles analysent toutes les possibilités, remettent chaque décision en question et passent tellement de temps à essayer de prévoir ce qui pourrait arriver qu’elles finissent par ne rien faire du tout.

J’ai déjà mis en contact deux personnes qui avaient eu un match lors de l’un de nos événements de rencontres. Elle l’aimait vraiment bien, mais il n’a fini par la contacter sur Instagram qu’un mois plus tard. Entre-temps, elle avait perdu intérêt et l’avait bloqué.

Quand je lui ai demandé pourquoi il avait attendu aussi longtemps, il m’a expliqué qu’il avait été occupé par le travail et qu’il n’était pas certain de ce qu’il ressentait. Il a finalement décidé de lui écrire, mais l’occasion était déjà passée.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser : Un mois au complet?

Bien sûr, tout le monde a une vie bien remplie et on n’est pas tous prêts à poursuivre une connexion immédiatement. Mais parfois, ce qu’on appelle être occupé, c’est en réalité de l’incertitude, de la peur ou de la réflexion excessive déguisée en excuse tout à fait raisonnable.

Les premiers rendez-vous peuvent être stressants. Certaines personnes ont peur de perdre leur temps si elles ne sont pas certaines de leur intérêt pour quelqu’un. D’autres veulent ressentir une étincelle avant d’accepter d’investir une autre soirée.

Mais voici le problème : les rencontres ne viennent avec aucune garantie. Il faut participer avant de pouvoir connaître le résultat.

Vous n’avez pas besoin de savoir si quelqu’un sera votre futur conjoint avant d’accepter un premier rendez-vous. Vous n’avez même pas besoin de savoir si vous aurez envie de l’embrasser. Le but d’un premier rendez-vous est beaucoup plus simple : déterminer si vous avez envie de revoir cette personne.

C’est tout.

Et voici mon conseil : si vous avez des rendez-vous chaque semaine, vous pouvez probablement vous permettre d’être sélectif avec les personnes qui vous laissent hésitant. Mais si vous n’avez pas eu de rendez-vous depuis des semaines ou des mois, je vous encourage à revoir votre approche.

Sortez avec cette personne qui pique votre curiosité, même si elle ne coche pas toutes les cases. Donnez à la personne dont vous n’êtes pas tout à fait certain la chance de vous surprendre. Vous pourriez découvrir quelque chose qu’un profil de rencontre n’aurait jamais pu vous révéler.

Cela ne veut pas dire qu’il faut revoir ses exigences à la baisse ou forcer une connexion. Il s’agit plutôt d’être ouvert à la possibilité que l’attirance et la compatibilité ne soient pas toujours évidentes avant d’avoir rencontré quelqu’un.

Si vous n’aimez pas passer du temps avec cette personne, vous ne lui devez pas un deuxième rendez-vous. Vous pouvez simplement lui dire que vous n’êtes pas intéressé.

Et si vous êtes du genre à ne pas réussir à dire non? Eh bien, je vous invite à relire le fantôme numéro un.

Je plaisante! (Enfin, presque.)

3. La personne qui date avec de la colère

Je suis coupable de celui-là, moi aussi.

Je me souviens d’un rendez-vous absolument catastrophique. Quand il m’a écrit après notre rencontre, j’ai dû me retenir physiquement de lui envoyer un message rempli de colère. J’ai plutôt décidé de le ghoster.

Je n’arrivais pas à comprendre comment il pouvait être aussi inconscient du fait que le rendez-vous se passait aussi mal. J’ai payé ma propre facture, même s’il avait proposé de payer, je lui ai fait un signe de la main pour lui dire au revoir et j’ai pratiquement couru hors du bar. Tout ça après avoir levé les yeux au ciel environ cent fois pendant la soirée.

Sérieusement, comment avait-il pu ne pas comprendre le message?

Avec du recul, mon comportement n’était pas exactement exemplaire non plus. J’étais frustrée et je ne voulais pas gérer la situation. Ça n’excuse pas ma décision de disparaître.

À cette étape de ma vie amoureuse, j’avais accumulé tellement de rendez-vous que très peu d’entre eux menaient à un deuxième. Parfois, l’autre personne ne me recontactait pas. Parfois, c’était moi. Et parfois, on comprenait tous les deux qu’il n’y avait aucune raison de poursuivre.

Et il n’y avait rien de mal à ça. Chaque rendez-vous n’a pas besoin d’être suivi d’une conversation, surtout quand les deux personnes ont clairement tourné la page. Le problème survient lorsqu’une personne se retrouve à se demander ce qui s’est passé parce que l’autre refuse de communiquer.

Si vous avez tendance à dater avec de la colère, mon conseil est simple : ne répondez pas tant que vous êtes encore fâché.

Donnez-vous un peu de temps.

Vous n’avez pas besoin de dire à quelqu’un tout ce qui vous a déplu chez lui.

Un simple « Merci d’avoir pris le temps de me rencontrer, mais je ne pense pas qu’on soit compatibles. Je te souhaite bonne chance pour la suite » fera l’affaire.

J’ajouterais aussi que les personnes qui sont trop occupées pour prendre la peine de communiquer peuvent parfois entrer dans cette catégorie. Elles ne sont pas nécessairement en colère, mais elles sont frustrées par les rencontres, fatiguées du processus et ne veulent plus investir l’énergie nécessaire pour traiter l’autre personne avec considération.

Et cela nous amène à un problème plus important.

Alors, le ghosting est-il vraiment une tendance dans le monde des rencontres?

Le ghosting fait désormais partie de notre vocabulaire amoureux, mais je ne pense pas qu’il s’agisse simplement d’une tendance. Je crois que c’est souvent le symptôme de quelque chose de plus profond.

C’est la personne qui ne sait pas ce qu’elle recherche. Celle qui est frustrée par les rencontres et qui a cessé de faire des efforts. Celle qui s’accroche tellement à sa liste de critères que personne ne peut être à la hauteur. Celle qui veut une relation, mais qui n’a pas encore réfléchi à ce qu’elle est prête à y apporter.

Tous les messages sans réponse ne constituent pas du ghosting, et personne ne doit de l’intérêt amoureux à qui que ce soit. Si vous avez eu un seul rendez-vous et qu’aucun de vous ne reprend contact, c’est souvent simplement ça, les rencontres. Si quelqu’un a clairement exprimé son désintérêt, inutile de continuer à insister.

Mais lorsqu’une connexion s’est établie, que des projets ont été faits ou qu’une personne s’attend légitimement à recevoir une réponse, disparaître plutôt que de communiquer peut laisser l’autre dans la confusion et l’amener à remettre sa propre valeur en question.

Nous ne pouvons pas contrôler le comportement des autres, mais nous pouvons prendre la responsabilité de la façon dont nous nous comportons.

Si vous multipliez les rencontres sans savoir où vous allez, vous risquez de prendre la mauvaise direction. Vous pourriez perdre votre temps à poursuivre des personnes qui ne vous conviennent pas, écarter celles qui mériteraient une chance ou disparaître dès que les choses deviennent inconfortables.

Alors, avant de blâmer les applications de rencontre, le sexe opposé ou l’état lamentable des rencontres modernes, posez-vous une question : est-ce que je fais des rencontres avec une véritable intention, ou est-ce que je fais simplement du surplace?

Parce que trouver quelqu’un, ce n’est pas seulement rencontrer la bonne personne. C’est aussi devenir quelqu’un qui sait reconnaître une véritable connexion, communiquer ses intentions et faire grandir une relation.

Et ça commence bien avant la rencontre avec la bonne personne.

Envie de rencontrer quelqu’un dans la vraie vie?

Chez Food Friends Love, nous croyons que les plus belles connexions se créent lorsqu’on dépose son téléphone, qu’on se présente et qu’on se donne la chance de rencontrer quelqu’un de nouveau.

Joignez-vous à nous lors de l’un de nos prochains événements les 28 octobre, 5, 12 et 27 novembre, ou le 3 décembre.

Nous envisageons également d’ajouter une autre date pour un souper sur invitation seulement. Restez à l’affût pour plus de détails!

Après tout, on ne sait jamais où la soirée peut nous mener. Et ce serait quand même dommage de passer à côté d’une histoire qui n’a même pas encore commencé simplement parce qu’on a choisi de disparaître!

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